Lundi 20 février 2012
1
20
/02
/Fév
/2012
09:15
Le scénario de Momohime dans Muramasa reprend à son compte plusieurs clichés traditionnels de la femme au Japon. Promise à un mariage arrangé, elle va s'affirmer et acquérir son indépendance par
les armes, symbolisant la lutte que cela représente dans une société japonaise où elle n'est promise qu'à une vie de soumission. Sans faire de révélation sur le dénouement de son histoire, ce
mariage n'aura finalement pas lieu et Momohime va finalement faire des choix qu'elle imposera.
La destinée de Momohime est une métaphore de la place de la femme dans la société japonaise. Si la défaite de 1945 lui a octroyé un certain nombre de droits tels que le statut de citoyenne, le
droit de vote ou bien encore le droit d'éligibilité, elle n'est pas encore l'égale de l'homme, au moins dans les consciences, et aussi paradoxal que cela puisse être, principalement dans celles
des femmes elles-mêmes. Il faut dire que les changements qui résultent de l'occidentalisation du pays se confrontent à des siècles d'us et coutumes, où les femmes naissaient, vivaient et
mourraient en étant soumises aux hommes. D'abord soumise à son père, la jeune fille ne quittait en effet le foyer parental que pour se retrouver sous l'autorité de son mari dans une union
d'ailleurs souvent arrangée et dans laquelle elle n'avait rien à dire, avant de devoir obéir à ses propres fils. Son rôle se limitait principalement aux tâches domestiques. Le code de la famille
redigé durant l'ère Meiji lui ordonnait d'être toujours souriante, prête et disponible pour son époux, affairée dans la journée en son absence, de telle sorte à ce que celui-ci, après sa journée
de travail, trouve tout confort à son retour au foyer. Il a donc fallu attendre la seconde moitié du XXème siècle pour que les jeunes filles accèdent à une éducation similaire à celle des garçons
et puissent s'émanciper, devenir indépendantes et accéder à des postes à responsabilité dans la société japonaise. Le seul échappatoire consistait à rentrer dans les ordres et devenir nonne.
Par Diddu
-
Publié dans : Mythologie Muramasa
-
0
Lundi 6 février 2012
1
06
/02
/Fév
/2012
09:27
Le Japon, pays insulaire, est profondément et depuis toujours tourné vers la mer. Selon les mythes shintoïstes, le Japon serait un pays issu des flots (voir le mythe d'Izanagi et d'Izanami), ce qui n'est d'ailleurs pas totalement inexact puisque de nombreuses iles de l'archipel sont
issues d'éruptions de volcans sous-marins. L'océan est craint, personnifié sous la forme d'un dieu dragon, Ryūjin,
car ses colères emportent les hommes. Mais la mer est aussi nourricière et les japonais exploitent avantageusement les ressources maritimes des eaux chaudes qui les entourent.
C'est le métier des pêcheurs, profession ancestrale et dangeureuse. Si les grands centres urbains se sont développés sur le littoral du pays, cela n'a d'ailleurs rien d'anodin. L'exemple de Tokyo
est en cela particulièrement parlant. A l'origine, la ville se nommait Edo, ce qui signifie en japonais "porte de la baie". Au XVIème siècle, il ne s'agissait encore que d'un petit village de
pêcheurs. En 1600 se déroula l'une des plus grandes guerres féodales du Japon, la bataille de Sekigahara. A l'issue de cette dernière, Ieyasu Tokugawa devint Shogun et fit d'Edo le centre du
pouvoir politique, même si Kyoto restait la capitale du pays. En moins d'un siècle, la ville connut un développement fulgurant, en raison de l'installation du Shogun mais aussi et surtout grâce à
sa situation privilégiée dans une baie de l'océan pacifique. Ainsi, la ville concentrait le pouvoir politique et le pouvoir économique du pays. En 1868, l'Empereur Mutsuhito quitta Kyoto pour Edo
qui changa alors de nom pour devenir Tokyo, "la capitale de l'est" et l'une des plus grands mégalopoles au monde.
Le développement de la ville a été rendu possible par l'installation du pouvoir politique, l'arrivée de la noblesse japonaise (les daimyos), des marchands et des commerçants mais le développement
de toutes ces activités n'a été rendu possible que parce que les pêcheurs ont permis d'établir les premières activités commerciales et surtout d'assurer les besoins alimentaires de la ville. Le
célèbre marché aux poissons de Tsukiji à Tokyo est d'ailleurs désormais le plus grand marché de poissons, crustacés et fruits de mer au monde.
On peut regretter que le rôle des pêcheurs dans Muramasa se limite à des traversées en mer. Le commerce des poissons et autres ressources alimentaires maritimes du jeu, pourtant développé, est
dévolu aux commerçants et aux restaurateurs du jeu.
Par Diddu
-
Publié dans : Mythologie Muramasa
-
0