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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 16:34
Le Ryōan-ji est un autre jardin sec de Kyoto. Il a été composé par un peintre japonais très célèbre, Soami. On retrouve une fois encore tous les principes d'un jardin zen : du gravier blanc finement ratissé qui symbolise la mer, et des rochers posés représentant des montagnes. Au Ryōan-ji, ces rochers sont au nombre de 15, et répartis en 5 groupes : 1 de cinq, 2 de trois et 2 de deux. Ils sont disposés de telle sorte que peu importe l'endroit où on se trouve, on ne peut jamais tous les apercevoir en même temps.

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La signification de ce jardin s'est perdue avec le temps. Les moines sur place indiquent que suivant la philosophie zen, c'est à chacun d'y trouver la signification de ce qu'il y cherche. Seul indice, une phrase en kanji gravée sur une stèle indique la phrase suivante : "Je ne connais que la satisfaction".
L'entrée au temple se fait par un joli escalier de pierre entouré par la fraicheur des arbres en été :

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Le Ryōan-ji est aussi le lieu d'un bel étang entouré de bois.

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Voilà, ainsi se termine notre visite des jardins zen de Kyoto. J'espère que vous aurez pris autant de plaisir que moi à contempler ce sable et ces pierres, même s'il est bien entendu préférable de se rendre sur place et méditer pour les apprécier à leur juste valeur. La philosophie zen est à la fois dépouillée et très complexe, pleine de symboles que le néophyte ne peut saisir sans aide ni repère. Les moines sur place sont d'excellents guides, et des petites brochures explicatives nous sont aussi remises, avec moults détails culturels et historiques, que j'ai essayé de retranscrire au mieux.
La contemplation de ces jardins secs reste pour moi en tout cas l'un des moments forts et dépaysants de mon séjour au Japon.
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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 16:15

Le Ryōgen-in, à Kyoto, date du début du XVIème siècle, et contient 4 jardins secs distincts, aux 4 points cardinaux du temple. Aucun n'est très grand, mais ils ont chacun une symbolique zen très forte, et je remercie beaucoup les moines du temple pour le temps qu'ils ont passé à nous les expliquer, car sans cela, nous aurions certainement bouclé la visite en 1/4 d'heure et serions passé à côté de toute leur signification. Je vais tenter de vous restituer tout cela. N'ayant pris que peu de photos, j'emprunte une nouvelle fois des clichés trouvés ailleurs.

Le premier jardin se nomme l'Isshidan. Le rocher central représente le Mont Horai, demeure des immortels et symbole cosmique de la terre dans la philosophie zen. Au fond à gauche sur la photo, les deux grands rochers symbolisent l'ile de la tortue, tandis que les deux plus petits rochers à droite symbolisent quand à eux l'ile aux grues.



Le deuxième est nommé le A-un (en japonais, ce n'est pas une traduction française). A-un est un concept bouddhique qui signifie une chose et son contraire, telle que l'intérieur et l'extérieur, le ciel et la terre, le mâle et la femelle, et que ces deux choses sont inséparables et indissociables l'une de l'autre. La description de l'A-un est "la voie de la vérité de l'univers, l'essence du zen". C'est sans doute ce que veut figurer ce petit jardin finalement assez dépouillé.



Le troisième jardin est le Ryogintei. C'est le plus ancien du temple, et il est totalement recouvert de mousse, ce qui est très inhabituel pour un jardin sec. C'est pourtant toujours de l'eau qui est figurée. Le rocher qui se dresse au centre du jardin représente "Shumisen", aussi connu sous le nom de Mont Sumeru, et qui est la montagne au centre de l'univers dans la religion bouddhiste. Shumisen émerge de l'ocean, comme d'une mer de nuages, sous laquelle se dresse l'enfer. C'est peut-être pour cette raison que de la mousse remplace les graviers.



Le dernier se nomme le Totekiko, et passe pour être le plus petit jardin sec du Japon. Il est en tout cas étriqué à l'intérieur du temple. Il illustre un proverbe zen qui dit que plus une pierre est forte, plus larges sont les ondulations qu'elle occasionne dans l'eau. Je vous laisse méditer là-dessus !

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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 16:39
Le Zuho-in, à Kyoto, a un agencement assez proche du Daisen-in. Il a pourtant une histoire toute particulière. C'est le seigneur féodal (daimyo) de l'époque, Ōtomo Sōrin, qui l'a fait aménager en 1546. Peu de temps après, les portugais et les espagnols arrivèrent au Japon en introduisant la religion catholique. C'était la période des missionnaires, et un certain nombre de japonais se convertirent à cette religion. Ōtomo Sōrin fût de ceux-là et se convertit à l'âge de 48 ans. Son nom de baptème chrétien est Francisco et il resta plus connu sous le surnom du daimyo chrétien. Cette arrivée de la religion chrétienne au Japon fut aussi l'occasion pour les européens de développer le commerce avec le Japon, et petit à petit, ils commencèrent à avoir un peu d'influence sur les seigneurs du pays. La réponse fut aussi brutale que sévère : le christianisme fut déclaré illégal, et seul les religions shinto et bouddhique furent autorisées. Le pays ferma dans le même temps ses frontières pendant plus de deux siècles, tous les étrangers furent expulsés, et seuls quelques néerlandais eurent le droit de rester sur une petite portion de l'ile de Kyūshū. Les japonais qui ne renoncèrent pas au christianisme furent exterminés.

Pourtant, la conversion au christianisme d'Ōtomo Sōrin fut honorée des siècles plus tard au Zuihō-in. Ce jardin zen reste un jardin bouddhique, mais avec un aménagement connu sous le nom de jardin en croix. Une évocation de la vierge Marie sous forme de rocher brûlé commémore aussi ces deux siècles où les chrétiens furent bannis.

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 17:28
Ce style très particulier de jardin, aussi appelé jardin sec, est composé uniquement de graviers, pierres, éventuellement bois, et de plantes ayant besoin de très peu d'eau. C'est un superbe lieu de contemplation. C'est tout un pan du bouddhisme et de la philosophie zen qui s'y retrouvent, dans un symbolisme extrême. Le non-initié n'a aucune chance d'y comprendre quoi que ce soit. Et pourtant, avec quelques explications fort simples, on prend tout de suite un grand plaisir à s'y délasser. Et puisqu'une fois n'est pas coutume, un bon schéma vaut mieux qu'un grand discours. Je vous ai scanné les explications relatives au jardin sec Daisen-in (du temple Daitoku-ji), le plus célèbre au monde, et certainement l'un des plus aboutis.

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Le gravier ratissé symbolise donc l'eau en mouvement. Le parcours initiatique débute au niveau de la mer intérieure du Japon. La mer est calme, l'espace est réduit, c'est la naissance de l'individu. Puis, vient le temps de la jeunesse. La cascade sèche symbolise ce dynamisme. C'est le temps où tout est possible. Le jardin est rempli de vagues sinueuses et prononcées, le paysage est accentué par la présence de rochers, la végétation est luxuriante. Tout ceci représente les nombreuses tentations du monde extérieur.
Le passage à l'âge adulte est symbolisé par le franchissement d'une porte (décrit sur le schéma comme "le mur, point où l'on est assailli de doutes"). On arrive au fleuve de la vie. L'adulte qui a trouvé la voie intérieure est représenté par le bateau du trésor, qui descend tranquillement le courant et glisse avec sérénité. Au contraire de la tortue qui, toujours attirée par les illusions d'une vie superficielle, tente vainement de remonter le courant. Elle symbolise l'adulte qui ne veut pas grandir et gâche sa vie. Quelques pierres sont encore disséminées par endroit sur le fleuve de la vie, symbolisant les difficultés qu'on rencontre dans l'existence. Mais le fleuve est bien plus calme, comme en témoignent les rangées de gravier finement alignées.
Le fleuve de la vie finit par se jeter dans le grand océan (qui est l'océan Pacifique). C'est l'adulte vieillissant et le sujet âgé, qui a trouvé la sérénité. Au coin sud-est, dans le fond, un arbre est planté. C'est l'arbre de la vie. Il symbolise Bouddha qui a reçu l'illumination et a atteint la sagesse. C'est le but à atteindre de tout être vivant.
Enfin, la dernière partie du jardin est complètement calme, il n'y a plus aucune vague. C'est l'équilibre parfait.

Ce jardin est donc propice à la méditation. Cette interprétation est la plus couramment admise, et celle qui nous a été présentée par le moine du temple. Néanmoins, celui-ci nous a aussi précisé que chaque visiteur est libre d'y trouver le sens qu'il veut.

Les photos du jardin zen sont interdites au Daisen-in. Je n'en ai donc pas pris. On trouve cependant quelques photos sur internet, qui me permettent d'illustrer l'article et vous montrer à quoi cela ressemble véritablement.

L'entrée du temple :



La cascade sèche :



Le fleuve de la vie, avec le bateau du trésor et la tortue :



La grand océan et l'arbre de la vie :



La région du nord-ouest de Kyoto contient la plus forte concentration au monde de jardins secs, et c'est à chaque fois un émerveillement. Je vous en présenterais quelques autres dans les jours à venir.
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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 14:04
Le Kinkaku-ji est certainement le temple le plus célèbre de Kyoto, et sans doute même de tout le Japon. Il est surnommé le pavillon d'or, car il est entièrement doré à la feuille d'or. Ainsi, l'astre solaire se reflète avec éclat sur ses murs, son toit, le phoenix qui le surplombe, mais aussi l'étendue d'eau qui l'entoure. Il parait que le plus beau moment de la journée pour l'admirer est au coucher du soleil. Mais en plein milieu de l'après-midi, ce n'est pas mal non plus ! L'autre saison recommandée est l'hiver, lorsqu'il est enseveli sous la neige. Cela nous donne une bonne raison d'y retourner !

Sa construction date du XIVème siècle. Il a été bâti par Ashikaga Yoshimitsu, le shogun de l'époque, qui avait abdiqué 3 ans plus tôt, à l'âge de 37 ans, pour se faire moine et se consacrer au bouddhisme. Comme c'est courant au Japon, les guerres et notamment celle d'Onin ravagèrent le temple. Miraculeusement, le pavillon d'or survécu. Il ne résista cependant pas à un incendie volontaire en 1950, et fut donc entièrement détruit. Il a été reconstruit à l'identique 5 ans plus tard. La dernière couche d'or qui le recouvre date de la fin des années 80. Ce bâtiment a été classé au patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO.
L'histoire de cet incendie, qui a été déclenché par un moine considéré comme ayant perdu la raison, est racontée dans un roman célèbre, simplement nommé Le pavillon d'or.

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Je ne résiste pas à vous montrer cette photographie trouvée sur le web, qui montre ce que cela donne sous la neige en hiver :



Mais l'enceinte du temple ne contient pas que le pavillon d'or. Il y a aussi de nombreux autres temples secondaires, des jardins avec un étang, une maison de thé et une superbe cascade, dont on se doute que le rocher ne s'est pas retrouvé placé içi par hasard. La nature est toujours très travaillée et sublimée au Japon.



Voici un panorama de l'ensemble du temple :




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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 14:29
Impossible de visiter le Japon sans s'arrêter dans une salle d'arcade. Les salles là-bas sont gigantesques, se répartissant sur plusieurs étages. On en trouve partout, et il y en a pour tous les goûts. Des bornes de jeux de baston, de shoot'em up, de jeux de course, de simulation (d'à peu près tout engin motorisé et d'équitation), mais aussi de combats de méchas (très très populaires, mais totalement incompréhensibles pour le néophyte que je suis), et même des compétitions de foot le plus souvent qui se jouent avec des cartes panini sur table tactile avec reconnaissance des cartes, où on joue un rôle de manager. A cela s'ajoutent les fameux jeux de jetons (je rappelle que les jeux d'argent sont interdits au Japon), et les célèbres UFO Catchers. La plupart du temps, on trouve aussi un espace oldies où sont entassées de vieilles bornes. La partie n'est alors plus à 100 yens, mais à 50 le plus souvent, voire moins.
Nous nous sommes bien entendu essayés à un certain nombre de choses, mais le must pour nous est resté la borne de Mario Kart Arcade. On en trouve partout, et on a d'ailleurs remis ça plusieurs soirs de suite à Shibuya lorsque nous étions à Tokyo. Très honnêtement, si un Mario Kart sur console pouvait ressembler à celui-là, ce serait le bonheur. Le jeu est sublime, la conduite est à la fois souple et nerveuse, les pistes sont larges, les musiques au top. Il y a 13 personnages qui ont chacun 2 véhicules, et plein de nouvelles options à débloquer. L'originalité réside dans le fait qu'il est possible d'acheter pour 200 yens une carte lors de notre première partie, qui sauvegarde nos données, notre progression, et tout ce qu'on a débloqué. Ainsi, on ne repart pas de zéro, mais on progresse d'une partie à l'autre. Le jeu propose un mode course classique et un mode grand prix avec les habituels modes 50, 100 et 150 cc, qui comportent chacuns les mêmes circuits dans différents niveaux de difficulté. Le nombre de coupes est quand à lui assez élevé (une douzaine de mémoire), composées chacune de 5 circuits et d'une épreuve bonus à la fin avec un objectif spécial. Le jeu peut se jouer seul, mais dès qu'un autre joueur insère une pièce dans les bornes d'à côté, il est possible de l'intégrer à la partie et donc de se retrouver. C'est assez bien fichu. Mais trêve de bavardage, place aux photos :

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Le livret du jeu fourni à chaque borne :

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Et ma carte de jeu, à mon nom ^^ :

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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 15:41
Par le plus grand des hasards, le spectacle des bougies de Nara a justement eu lieu le soir de notre passage dans la ville. Ainsi, 3000 bougies illuminent les temples, rues, plans d'eau et parcs du centre de Nara. C'est tout simplement sublime. Les japonais se regroupent entre amis et en famille à cette occasion, et revêtent leurs habits de fête. Et en tant qu'étrangers, on nous explique plein de petits détails qui nous échappent, et on nous prie de nous mêler à la fête. On s'achète alors une boite de ramen (nouilles instantanées), on s'installe et on assiste au spectacle. C'est magnifique !

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 15:12
Naramachi est le vieux quartier résidentiel de Nara. La balade y est splendide de dépaysement, on se prend à rêver tout en flanant dans ces rues, entouré de ces vieilles batisses traditionnelles. Il s'agit pour la plupart d'anciennes maisons de marchands (machiya), datant du XVIIIème siècle, reconverties en boutiques d'artisanat, petits restaurants ou galeries d'art. Mais c'est aussi le lieu de résidence de nombreux habitants de la ville de Nara.
Quelques unes de ces maisons se visitent, comme la Naramachi Shiryo-kan, ou encore la Naramachi Koushi-no-ie, qui sont des maisons-musée.







Pour la petite anecdote, la facade de ces maisons est assez étroite, car à l'époque de leur construction, l'impôt était basé sur la largeur de la façade. Les maisons s'étendent donc en profondeur.

Besoin d'une pause ? Non ? Impossible pourtant de ne pas s'arrêter lorsque les maisons de thé ont autant de charme :



Et pour finir, une petite rencontre bien sympathique dans le quartier de la gare Kintetsu :

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 12:33
Le Kōfuku-ji est un autre temple bouddhiste de Nara. Il fut fondé en 669. Comme beaucoup de temples de l'époque, outre sa vocation religieuse, le temple incarnait aussi un certain pouvoir politique, ce qui explique pourquoi il a lui aussi été plusieurs fois détruit et incendié. Cependant, les dernières reconstructions datent du XVème siècle, alors que la majorité d'entre elles datent du XIIème siècle. Ce qui fait dire qu'à Nara, même les reconstructions sont anciennes !
Il faut dire que le Kōkfuku-ji s'est rapidement recentré sur son rôle religieux, et il n'a jamais complètement perdu sa volonté d'influencer le bouddhisme.

Le Kōfuku-ji abrite notamment la maison du trésor, grand temple renfermant des pièces originales de l'art bouddhique, mais aussi une belle pagode à cinq étages, une cloche, un beau plan d'eau, et de nombreux temples annexes.










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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 12:14
Le Tōdai-ji est le bâtiment le plus spectaculaire de Nara. Il renferme en effet  en son sein le Daibutsuden, le grand temple de Bouddha, qui lui même est le lieu où repose le Grand Bouddha Vairocana de bronze (appellé Daibutsu). Ce temple est le plus grand temple de bois au monde, et la représentation de Bouddha qu'il contient, à défaut d'être la plus grande, est la plus massive. A ses côtés se trouve le Bosatsu Kokuzo et le Bosatsu Niyorin Kannon (ceux qui ont recu l'illumination). Différentes autres statues complètent l'ensemble, avec notamment les 2 gardins célestes.
Ce temple fut construit avec une ambition non dissimulée : renforcer Nara comme capitale du pays, et comme centre du bouddhisme.







Comme de nombreux temples japonais, le Tōdai-ji n'échappa pas aux guerres et aux incendies. Il fut donc détruit et reconstruit à plusieurs reprises. La grande statue de Bouddha fut elle aussi abimée, mais sans être détruite, et date donc de l'époque. Le temple en revanche a subi quelques modifications, et ne fait plus que les 2/3 de sa hauteur originale.



La construction du Daibutsu fut achevée le 3 décembre 752, et c'est l'empereur de l'époque (L'empereur Shômu), qui lui "insuffla la vie" en lui peignant les pupilles, afin de lui ouvrir les paupières. Belle image, non ?






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